19 juillet 2018

Zoom Martinique : Le chlordécone, un désastre sanitaire et environnemental

Alice Pellé

Publié par Alice Pellé

Actualités Environnement Martinique

Un peu d'Histoire...

Dans les années 1970, un nouveau insecticide fait fureur en Martinique et aux Antilles, permettant une culture plus rapide et rentière des bananes : le chlordécone. Semé sur la totalité des plants de bananiers, ce pesticide sera utilisé et autorisé pendant une vingtaine d’années, malgré les nombreuses mises en gardes de scientifiques et de la communauté internationale. En effet, l’utilisation du chlordécone est interdit aux Etats-Unis dès 1977, suite à divers scandales sanitaires dans les usines de fabrication du pesticide. L’Etat Français interdira l’utilisation de ce pesticide en 1990 et c’est seulement 3 ans plus tard que les stocks de chloredécone sont épuisés aux Antilles.

Les dangers du pesticide

L’utilisation intensive de ce produit ultra dangereux pendant des années laisse une profonde trace sur le territoire Martiniquais et sa population. En effet, de nombreuses études ont conclu que l’eau de surface, les nappes phréatiques et jusqu’à 90% des sols du territoire sont dangereusement contaminés par le pesticide. De nombreux cas de cancers, dérèglements neurologiques, hormonaux et des troubles cognitifs chez l’enfant ont été diagnostiqués et sont la cause directe de l’omniprésence de la molécule toxique sur l’île. Certaines études affirment qu’il faudra plusieurs siècles avant que le pesticide ne disparaisse totalement des sols et eaux Martiniquais.   Ces problématiques sanitaires et écologiques sont la cause d’une autre problématique majeure de l’île : la dépendance alimentaire. En effet, la plupart des denrées alimentaires en Martinique sont importées, du à la méfiance des habitants des produits locaux et probablement fortement imprégnés de chlordécone.

Cols Verts Martinique : des initiatives pour changer les choses

Au cœur de ses problématiques presque irréparables, certaines personnes, comme Ayanna Mouflet, ont cru au potentiel des quelques rares terrains laissés vierges de pesticides. En fondant les Cols Verts Martinique, cette jeune Martiniquaise diplômée de L’ENS a souhaité retrouver l’équilibre et la radiosité de la biodiversité de l’île, apprendre aux habitants à se réconcilier avec cette dernière, à la respecter, la cultiver et l’entretenir. Un jardin partagé a été inauguré dans la commune de Schoelcher, puis une ferme de quartier s’est implantée en périphérie de la commune du Prêcheur, proposant des animations et formations à l’agroécologie, la permaculture, par exemple. Ces démarches favorisent le rapprochement entre l’homme et la nature et encouragent une future indépendance alimentaire pour la Martinique. Les dégâts causés aux sols et eaux de l’île sont irréparables, pourtant l’île a besoin d’initiatives comme celles des Cols verts pour continuer à valoriser l’île et tout ce qu’elle a offrir.  

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